Des poissons et des hommes

par wagonlit

Imagine un peu : tu es posé pépère sur ta barque, tu tises des bières avec un pote ou deux en laissant ta ligne tremper dans l’eau. Vous parlez de la crise économique, de la défaite de l’OM face au Bayern, des meufs qui font rien qu’à vous pourrir la vie, le tout en éructant bruyamment quand il le faut. La belle vie.

Soudain, ta canne se courbe violemment, le nylon se tend et tu ne vois même plus ton flotteur. Tu gueules à ton copain de venir t’aider et tu moulines comme un dingue, en te demandant si la pression sanguine exercée sur tes tempes est due à l’excitation, à l’effort que tu fournis ou aux heures de picole que tu viens de te taper. Pas le temps de trouver une réponse cohérente, tu moulines de plus belle. Le truc qui s’est accroché à ta canne à pêche est certainement l’animal le plus énorme que tu n’as jamais ramené. Tu penses déjà à la photo souvenir que tu vas encadrer et faire trôner au boulot, aux barbecues où tu raconteras ton histoire en l’améliorant chaque fois un peu plus. Tu te dis que Jocelyne te regardera avec des yeux amoureux désormais, et que ce gros con de Bernard ne la mérite décidément pas. Tu inspires un bon coup et tu moulines encore plus vite. La gloire au bout de la ligne, tu la sens.

Puisqu’aujourd’hui tout le monde semble s’être passé le mot pour faire des mauvaises blagues et s’en justifier en beuglant « Poisson d’avril » (certains osent même rajouter « j’t’ai eu, hein ? ») on s’est dit que, pour rester dans le t(h)on, il fallait faire quelque chose d’un peu idiot. L’idée d’un album de famille a germé sans prévenir dans nos cerveaux malades. Big up à nos fishermen friends.

Bonus : clique sur l’image pour écouter le chant de marin le plus psychédélique de toute l’histoire de l’humanité. À côté de Guy Pedersen, les Pink Floyd sont des amateurs.

La rédaction

Publicités