The importance of being idle

par wagonlit

Pour être honnête, je n’avais pas prévu de faire de chronique ce soir. Trop paresseux, je préférais me prélasser au soleil, fumer quelques cigarettes et ne penser à rien d’autre qu’à mon avenir d’écrivain brillant, acclamé par les lycéennes de France et salué par la critique mondiale. Je prévoyais d’aller boire quelques blancs secs en terrasse sur les coups de 18h, en short et espadrilles, histoire de compter les jupes virevoltantes et les chemisiers échancrés. Puis, j’ai eu la révélation de la journée. Je me suis dit que, par cette Lazy Afternoon, il serait de bon ton de te parler de Grant Green.

D’ordinaire, ceux qui me connaissent diront que je suis plus porté sur le Rock, notamment celui qui vient des quartiers prolos d’Angleterre. Le genre de trucs qui te donnent envie de taper dans des rétroviseurs à trois heures du matin en beuglant que la vie n’est qu’une pute trop chère et pourtant terriblement bandante. Et ils n’auraient pas totalement tort.

Il serait cependant trop simple que mon illustre personnalité puisse être résumée à des seuls morceaux comme Fade Away ou Standing Here. Pour ta gouverne, sache que je suis aussi un grand admirateur de Béatrice Martin. Tu imagines donc à quel point ma culture musicale n’est pas réellement axée uniquement sur des riffs de guitare bourrins et des voix nasillardes adolescentes. Maintenant que les pendules sont remises à l’heure (tu noteras au passage le joli clin d’œil à l’actualité de la nuit dernière), laissons place au pourquoi du comment Grant Green.

Le mec un guitariste de jazz. Enfin, pas vraiment : il est quand même pas mal inspiré par le blues. Et c’est justement ça le concept génial qui fait que ses solos s’écoutent sans lassitude. Parce que les deux styles musicaux se marient à la perfection, notamment grâce au son de sa Gibson ES-330 puis celui de sa Gibson L7 (avec p-90) et enfin celui de la D’Asquito fabriquée sur mesure. Merci Wiki.

Sans rire : imagine-toi allongé nu sur un lit. La fille que tu apprécies beaucoup en ce moment est partie dans la salle de bain car après vos ébats elle voulait se rafraîchir un peu. Tu as promis de la rejoindre mais avant, l’air chaud passant à travers la fenêtre ouverte (même avec les volets à demi fermés) et venant chatouiller la peau de ton dos, ta nuque et tes cheveux, tu décides de fermer les yeux. Juste un peu, histoire d’apprécier l’instant présent. Tu finis par t’endormir vraiment, si bien que lorsque tu reprends tes esprits, la fille est revenue de la salle de bain. Elle ne porte qu’une petite culotte blanche, ses seins respirent avec quiétude et elle appose ses cheveux mouillés sur ton épaule. Elle te sourit et passe une main sur ton torse velu en t’ordonnant, dans un murmure, de la serrer contre toi. Voilà, c’est ça Grant Green.

Habituellement, la chronique du dimanche soir est publiée vers huit heures, pour que du fond de ta piaule étudiante, en mangeant tes raviolis tièdes, tu puisses trouver un peu de gaîté à travers nos plumes excellentes et modestes à la fois. Exceptionnellement, nous publions plus tôt, histoire que tu expérimentes la suave oisiveté au son du Capitaine Grant.

Passe le bonjour à la fille qui est partie dans la salle de bain de ma part.

Jacques Leblanc

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