THIS IS RADIO CLASH

par wagonlit

Vous aimez allumer la radio et « écouter », non pas de la musique, mais des hurlements de chroniqueurs imbéciles, de longues et récurrentes pauses de publicités agressives, et bien sûr, la même « chanson » qui passe et repasse à longueur de temps sur sept stations différentes ? Non ? Vraiment ? Je vous comprends.

En 1981, avec l’arrivé de Mitterrand à la tête de la France, la fin du monopole d’Etat semble proche. Et quelques années plus tard, les radios libres se développent et se multiplient, annonçant une grande révolution dans les médias, mais…

Que tous ceux qui sont dans la vibe...

Désormais les grandes fréquences contrôlées par les radios privées telles que NRJ, Virgin Radio, Fun Radio, Hit West, Skyrock (et j’en passe) nous proposent sensiblement la même merde ; c’est à dire les tubes de l’été combinés au son atroce et inaudible qui sort des enceintes des boîtes de night. Et le rendu, qu’on ne pourra pas mieux définir qu’en le qualifiant d’épaisse soupe de technodancélectropoprock (nouveau genre musical très en vogue depuis quelques temps) est d’une qualité très médiocre. Mais nous sommes encore en hiver et les clubbers ne représentent pas la majorité des amateurs de musique. Et je ne parle pas de RTL2, qui nous propose 24/7 l’écoute de trois artistes différents (j’exagère à peine), à savoir : U2, The Police (ou Sting tout seul, au choix), et Genesis (ou Philippe tout seul, au choix), alors qu’il y a tellement de bonnes choses à découvrir, jour après jour. Au moins, on peut accorder à cette station le fait d’être honnête, et plutôt constante dans sa diffusion.

Tous, aujourd’hui, semblent vouloir s’élargir un peu plus afin d’atteindre un auditoire plus vaste. Bah oui, qui dit plus d’audience dit plus de fric.

Bon. Tout n’est pas moche non plus. Nous pouvons nous satisfaire de l’existence de Radio France qui gère les stations de radios publiques, ou de Radio Nova (autre station privée) ; du fait de la diffusion de genres musicaux et d’émissions éclectiques, tout le monde, ou presque, peut aujourd’hui y trouver son compte.

Mais ce que je vous raconte là n’est peut-être qu’un débat sans issue, une absurdité même, pour la simple et bonne raison que la musique est intime et subjective ; les gens ne ressentent pas la même chose à l’écoute d’un morceau. Et pourtant, même si cela dépend d’une intuition, d’un ressenti propre à chacun, on peut le contrôler.

Comment ? Comme pour beaucoup d’autres choses : en faisant un effort, en prenant du temps, en se forgeant un esprit critique. Nous sommes souvent trop mou et trop fainéant pour prendre le contrôle. Alors, on nous propose de la merde sur un plateau et nous nous servons. C’est d’une telle tristesse de se rendre compte que pour certains (et je les plains fortement), la musique est perçue comme un bruit de fond, un son qui sort de la radio des magasins, ou le truc qu’on ressent avec ses oreilles alors qu’on regarde un clip à la télévision. Pour d’autres, heureusement, c’est bien plus complexe et cela mérite une plus profonde attention. Pour d’autres, c’est de l’or.

Les gens autour de vous diront qu’il n’est jamais trop tard. Et figurez-vous que pour une fois, ils ont raison ! On peut commencer à apprécier la musique (j’entends par là musique de qualité) à n’importe quel âge ; même si, comme pour tout apprentissage, le plus tôt est le mieux. Ceux qui, étant jeunes, ont été formés par un entourage plus vieux, plus mature, ayant donc plus d’expérience et l’esprit critique, doivent se rendre compte de la chance qu’ils ont. Il est tellement plus facile ensuite de s’ouvrir aux autres univers de la musique, et de pouvoir les apprécier à leur juste valeur.

Ainsi, je vous souhaite bonne chance dans votre quête, et Big Up aux grands frères et sœurs.

Bundy Fish

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