Les nuits de l’alligator

par wagonlit

Puisque chez wagonlit on ne parle pas que de cul, de téléchargement illégal et de fringues, on a envoyé notre meilleur reporter (c’est bien simple, ils sont tous meilleurs les uns que les autres, ici) au concert de Kitty Daisy & Lewis le 15 février dernier. Bon, d’accord, on avoue : il y est allé de son plein gré. Assieds-toi et écoute le récit de Tonton Bundy.


 
 

Mercredi 15 février, c’était soirée Blues/Rock/Rockab’/Swing/Folk/Country (rien que ça) à l’Echonova, salle de concert de St Avé (56), et je suis tombé amoureux. La fratrie Kitty, Daisy & Lewis en haut de l’affiche donnait envie, et c’était sans compter sur les premières parties qui furent de très bonnes surprises. Il faut dire aussi que cette salle, en plus d’attirer du beau monde, est très bien équipée et offre un son d’une grande qualité.

CHICKEN DIAMOND

C’est le one-man-band du nord-est de la France Chicken Diamond qui, attifé de sa plus belle casquette « Jack Daniel’s », a ouvert le show en envoyant pendant près d’une heure des riffs efficaces au son brut et crasseux.

Muni d’une gratte entre les mains, d’une stompbox maison + tambourin au pied droit et d’une crash au pied gauche, il nous a donc sorti du bon blues/rock dense et profond ; un son à rapprocher des premiers albums des Black Keys, pour les connaisseurs. Le tout plus noirci encore par une voix puissante et rauque digne du Tom Waits post 80, autant vous dire que c’est du lourd. Et même du très lourd. Mais du bon lourd.

http://www.myspace.com/chickendiamond

 

LINDI ORTEGA

J’en avais vaguement entendu parler mais ne m’étais jamais intéressé de très près à cette (etmerdejesuisamoureuxjeveuxlamême) jolie canadienne. Bien loin des mounties, bûcherons et autre Mc Timber, elle a envoûté la salle en moins de temps qu’il n’en faut pour chanter le premier couplet de Angels. Et lorsqu’entre deux chansons, elle a demandé en rigolant à un quelconque spectateur « What are you gonna do later, you wanna hang out ? », c’est moi et moi seul qui ai eu le dernier mot : « I DO ! ». Mais malheureusement, ce fut bel et bien le dernier et quand, à la fin de son set, elle a quitté la scène, je n’ai pas eu le droit à plus de faveurs que le reste de la foule…

Exceptées ses little red boots – qui, selon moi, seront bientôt légendaires – Lindi est arrivée sur scène tout de noir vêtue (elle aime dire que son style, « c’est un peu ‘Calamity Jane va à un enterrement’ »). Elle écoute Bob Dylan, Leonard Cohen, Janis Joplin, Ray Lamontagne, Cat Power, Van Morrison ou encore Tom Waits, admire Jack White, a la voix de Dolly Parton et reprend brillamment Folsom Prison Blues de Johnny Cash. Cela ne vous suffit pas ? Vous êtes bien difficiles.

Lindi possède, de façon curieusement naturelle, une présence scénique assez incroyable. Bon ok, je ne suis peut-être plus très objectif, mais elle est réellement très communicative et il émane d’elle un charisme profond et intense. Et même si je l’ai déjà mentionné, je n’ai pas peur de le redire : elle a une voix !

Seul bémol : bien que ses albums studios soient très agréables à écouter, ils restent en dessous de la prestation live. Ses musiciens sont doués et le son est plus électrique et envahissant sur scène.

http://www.myspace.com/lindimusic

 

KITTY, DAISY & LEWIS

Il est maintenant 22h30, l’heure de faire un bond dans les années 50. Très attendue, la fratrie Durham débarque sur scène, accompagnée de papa et maman respectivement à la guitare et à la contrebasse qui sont là pour filer un coup de main sur les tournées (et pour contrôler les éventuels excès en tout genre). À la vue de la quantité de matos recouvrant la scène, d’ailleurs sûrement aussi vieux que les deux sœurs et le frère réunis, on s’attendait à voir débouler une fanfare de soixantenaires. Mais non, c’est bien le trio londonien d’une moyenne d’âge de 20 ans environ qui s’installe. Jeunes donc, mais expérimentés : dès 2006, ils sont invités à jouer pour le festival Bestival sur l’Ile de Wight.

Leur particularité, outre leur tenue vestimentaire et coiffure vintage, c’est qu’ils sont tous les trois multi instrumentistes, échangeant constamment les rôles : batterie, guitare, banjo, clavier, xylophone, harmonica, et j’en passe.

Fortement acclamés dès leur arrivée sur scène, ils ouvrent avec le titre éponyme de leur dernier album « Smoking In Heaven », enchaînent sur du rockab’ bien juteux avec I’m Going Back, puis surprennent sur Don’t Make a Fool Out of Me alors que Daisy lâche le clavier et se saisit du micro pour un étonnant numéro de beatbox. C’est ensuite au tour de Lewis de passer derrière la batterie, et on invite sur scène le trompettiste jamaïcain Eddie ‘Tan Tan’ Thornton. Plus tout jeune, mais encore vigoureux, il suit la famille durant trois morceaux.

Les Durham ont joué intelligemment en alternant des titres de leur album sobrement intitulé « Kitty Daisy & Lewis » (Sunday Best, 2008) presque exclusivement composé de reprises et du très bon Smoking In Heaven (Sunday Best, 2011).

Sur scène, ils sont ahurissants, chacun ayant ses qualités propres pour s’imposer : Daisy, l’aînée, a passé le show entier à rebondir énergiquement en rythme derrière la batterie ou le clavier (si bien, qu’à plusieurs reprises, je n’ai pu m’empêcher de m’imaginer à la place du tabouret…), Kitty, la plus jeune, a exécuté un solo d’harmonica si long que j’ai cru qu’elle y resterait, puis Lewis orchestrant le tout à l’aide d’efficaces riffs de blues qu’il sortait de guitares plus déglinguées les unes que les autres.

Malgré leur renommée désormais internationale, ils n’en restent pas moins accessibles. À la fin de leur prestation, ils étaient tous présents, dans le hall près du bar, à causer avec qui veut. Ce qui m’a permis de pointer le bout de mon nez et d’être accueillis par Lewis tout sourire d’un « Hey, how you doin’ mate ?! », puis de récolter leurs trois signatures tout en échangeant quelques politesses.

http://www.myspace.com/kittydaisyandlewis

La preuve en image que ces frères et soeurs gagnent à être (encore plus) connus, avec la reprise d’un grand classique de Canned Heat :

 

Bonus : j’y ai croisé mon ancienne prof d’histoire du lycée qui, il faut le dire, avait un peu forcé sur les bulles. Ce genre de choses, c’est toujours un petit plus qu’il faut savourer.

Bundy Fish

NDLR : pour plus d’info sur Les nuits de l’alligator, clique sur la belle image ci-dessous. Fais vite, c’est jusqu’au 25 février. LOVE

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