La balle et le textile

par wagonlit

Sport : nom masculin (anglais sport, de l’ancien français desport, amusement) : Activité physique visant à améliorer sa condition physique. Ensemble des exercices physiques se présentant sous forme de jeux individuels ou collectifs, donnant généralement lieu à compétition, pratiqués en observant certaines règles précises.

Voici la définition du sport proposée par notre cher Larousse.
Voici à présent ma vision des choses, avec mon œil d’étudiante en design de mode.

Le sport et nous

Le sport nous entoure : magasins, publicités, films, romans, radio, matchs et télévision … On ne peut y échapper, à moins de vraiment faire la sourde oreille et de fermer les yeux sur le monde qui nous entoure. Dès l’école primaire, entre la leçon d’écriture et de calcul, on nous initie à cette discipline. On la découvre de manière ludique et rigolote (si si, vous ne vous en souvenez peut-être pas mais c’était amusant à cette époque de courir dans la cour de l’école). Puis on arrive à ces charmantes années de collège où rien que le fait de parler « vestiaires » et « jogging » nous fait transpirer. Toutes les excuses sont bonnes pour éviter ce cour de natation (n’est-ce pas les filles, « dispensées » semaines après semaines). Au lycée, cette appréhension/répugnance se transforme en une fatalité acceptable. Après tout, on peut prendre l’air, discuter plus librement de son weekend passé ou à venir, se donner bonne conscience en sculptant ce beau corps et parfois tenter de se faire remarquer de ce(tte) camarade pas si mal. Au delà de ces années, il y a ceux qui vont choisir de poursuivre leur route avec le sport. Leur vie s’articule autour de ces tenues confortables plus communément appelées jogging, des douches multiples, des barres aux céréales et des boissons énergisantes. Leur enfant est inscrit dans le meilleur club de la ville car ils espèrent en faire un champion, champion qu’ils ne peuvent pas/plus être. Ils considèrent que le sport est une « école de la vie » où il faut respecter des règles et toujours se dépasser en repoussant ses limites.

Sportifs sous raisons

Plus « soft », il y a ceux qui sont inscris au centre de remise en forme le plus proche de chez eux. Avec un accès libre, ils y vont quand l’envie ou le besoin les prend. La fréquentation augmente très largement au printemps, motivée par ce besoin d’effacer les imperfections accumulées durant l’hiver. Fiers de dire qu’ils sont allés à la séance de BodyBalance, leurs douloureuses courbatures sont pour eux la preuve qu’ils maigrissent et se musclent. Toujours préoccupés par leur apparence physique, il est absolument hors de questions pour eux de négliger leurs tenues de sport. Ils les choisissent avec la même méticulosité que s’il s’agissait d’une tenue de soirée. Longueurs, matières, couleurs, marques, accessoires… rien n’est laissé au hasard.

Les imperméables

Le sport obligatoire de l’élémentaire au secondaire en a fâché plus d’un. Dans leurs mémoires, ces longues heures d’Éducations Physiques et Sportives étaient douloureusement inutiles. Ils se demandent l’intérêt de se lever plus tôt le dimanche matin pour enfiler des « chaussures running ». Encore plus de s’équiper de maillot de bain, lunettes et bonnet en plastique pour faire des longueurs dans une piscine trop chlorée et trop fréquentée. Les joggings sont pour eux des vêtements blèches et désavantageux (avec leurs matières moulantes ou bien épaisses).

Dans cette belle société cosmopolite où chacun à sa propre relation, plus ou moins privilégiée, avec le sport, nous remarquons qu’il peut être un véritable mode de vie. Un mode de pensée. Et même, une mode vestimentaire. Effectivement, on ne peut parler de sport sans imaginer de tenues particulières. Nous associons systématiquement Telle tenue pour Tel sportif. Tout est subtilement étudié pour permettre les meilleures performances des sportifs, que ce soit en haut niveau ou en niveau dimanche matin.

Une mode vestimentaire

Une mode vestimentaire peut naître de deux manières. Soit par le peuple (quand je dis le peuple, je veux parler de nous, « citoyens lambdas »), soit par des créateurs de mode. Pour faire simple, dans le premier cas, on s’invente une identité à l’échelle de nos moyens. Et à l’inverse, dans le second cas, ce sont les créateurs professionnels qui imaginent des pièces hors de nos moyens.

La manière du peuple

Le style urbain qui, grâce à notre cher Président, est associé aux « racailles », prend ici tout son sens. Voulant se rapprocher au plus près de leurs idoles telles que Zidane, ces individus voient dans le jogging un moyen de s’affirmer. Un moyen confortable qui devient très vite une mode populaire. Il n’est pas rare d’en voir certains tous les jours vêtus de ces survêtements bien qu’une activité sportive ne soit pas au programme de leur journée. Bien plus qu’une parure utile, le survêt’ : un véritable état d’esprit.

On a aujourd’hui du mal à le croire mais il y a encore quelques années, les chaussures Converses étaient réservées aux joueurs de basketball américain. C’est en effet en universalisant cet élément pioché au cœur de la tenue élémentaire de ces adeptes du ballon orange qu’elle est devenue la chaussure basic et confortable à avoir absolument. Style particulièrement apprécié chez les traditionnels bobos, la basket à bout blanc s’est très vite retrouvée copiée, personnalisée, appropriée par une multitude de marques. Sa puissance est telle qu’elle arrive à être sujette à de nombreuses contrefaçons et pâles copies. Signe de réussite ?

Les vêtements de sport sont aussi gage de qualité et il n’est pas rare d’être tenté par celle-ci. Citons un bel exemple de cette qualité : les polos de rugby. Leur résistance, très largement prouvée sur les pelouses vertes font rêver plus d’un non professionnel du rugby. Bien qu’ils n’aient pas besoin d’un maillot qui résiste aux plus fortes mêlées, ces adeptes le choisissent pour affirmer un certain état d’esprit pour ne pas dire un rang social – car il est bien connu que toute qualité à un prix.

Les gentils manipulateurs

Tout en restant sur la pelouse mais en changeant de ballon, on peut s’arrêter 30 secondes (pas plus, promis) sur les maillots de foot de l’équipe de France. Designés par le très célèbre Jean-Paul Gaultier, ce nouveau look a largement fait parler de lui. Comme je l’expliquai plus haut, les stylistes transposent leur identité, (ici les traditionnelles rayures blanches et bleues) sur un vêtement que l’on qualifierait de basic. J.P. Gaultier a su voir dans ce maillot officiel une belle opportunité pour mettre en avant certaines valeurs et même, selon certains, un moyen de rendre un bel hommage à la marine.

Après un exemple que l’on pourrait qualifier de haute couture voire de luxe, arrêtons-nous sur le prêt-à-porter et son récent intérêt pour le sport. Aujourd’hui, la notion de sportswear est très largement inscrite dans les esprits. Et ça, les créateurs l’ont bien compris. Reflet d’une façon de vivre relativement cool et décontractée, elle démontre des tendances qui vont à l’inverse de notre société toujours plus rapide et stressée. L’exemple du moment que nous attendions tous (ou peut être pas), c’est le lancement de la ligne The Kooples Sport (printemps 2012). Elle prône des bases aux formes simples telles que polos et t-shirts mais avec des détails chic et choc – attention, c’est The Kooples tout de même ! Pas certain pour autant que les minettes séduites par ces pièces fileront droit à la salle de sport.

Ainsi, vêtements-sport-mode (de vie et de style) sont très étroitement liés. Dans la mode, le corps se doit d’être idéal. Il doit être parfait pour s’effacer au profit de la création portée, du vêtement. Mais ce corps n’est parfait sans un minimum de sport (ainsi qu’une alimentation très contrôlée). Au delà de la mode, cela reste d’autant plus vrai. Les divers spots publicitaires sont là pour nous rappeler de faire du sport, et les magasins sont là pour nous rappeler de ne pas oublier … Bien sur il faut bouger, mais on sait tous que les 30 min de marche par jours ne feront pas de notre corps un corps de rêve. Pour le rêve, il y a les professionnels du sport. Ceux qui ne font que ça. Leurs corps sont beaux, sculptés par l’effort, et le calendrier des Dieux du Stade est là pour nous les faire partager !

Sur ces belles images, je m’en vais mettre mon jogging Panzeri et mon sweat Abercombie, j’enfile ma dernière paire de pompes Asics, je coince mon iPod reglé sur ma playlist « Move you body » sur l’élastique de ma ceinture. Et c’est parti !

Une pensée pour Karl Lagarfeld...

Léonard

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