Hello Manchester !

par wagonlit

Faune m’appelle vers midi, me demande si je suis toujours opé. Je lui réponds que oui, évidemment. On cherche un kebab dans le quartier, en vain. On se rabat sur le 7/7 qui vend des Américains pour pas (trop) cher et on se rentre fissa chez ledit Faune. « Vite, vite, allume la télé, ça commence dans dix minutes ! »

Ça sonnait comme une récompense post-exam. Certains tisent des bières et autres alcools forts le soir même de leur dernière rédaction surveillée en amphi. D’autres rentrent fissa chez eux (ou chez papa/maman), se couchent tôt et se lèvent tard, histoire de récupérer. D’autres encore pensent déjà au lundi matin, à la reprise des cours. Nous on attendait ce dimanche après-midi avec la même impatience que lorsque ta meuf fait son premier test de grossesse. Non, Michel Drucker n’est pas devenu notre activité favorite de fin de semaine. C’est juste qu’aujourd’hui, à 14h, c’était Manchester City versus Manchester United. Rien que ça.

Toi qui a été te promener avec ta copine (et les beaux-parents), qui a révisé pour les exams qui arrivent ou qui, dans une incompréhensible indifférence, n’a pas pu suivre le choc footballistique de la semaine, voici un petit résumé concocté par les soins de notre expert en passement de jambes.

***

Ferguson est tout sourire. Et nous aussi. Paul Scholes is back.

City martyrise Man United. Ah bah non, Rooney fout un coup de tête, et dans son pote, et dans la balle. Qui frappe la transversale et franchit la ligne. L’effet rouquin.

Kompany fausse compagnie à ses coéquipiers. C’est dur mais c’est comme ça. L’arbitre a surement confondu avec De Jong. Ou il est français, au choix. Au ralenti, c’est sévère.
Aguero se vénère, et le gardien remplaçant (pour combien de temps ?) justifie son salaire.

Temps mort, on fume une clope, on essaye de trouver un truc à dire, mais chaque équipe essaie de montrer qu’elle sait faire tourner. Silva fait des misères à la maison rouge. Aguëro profite des errements de la défense. Sans conséquence.

Welbeck se met au niveau. Et comment ! Reprise de volée, mi capoeira mi ciseaux. Quels grands compas il a. Gorgeous.

Deux jaunes en deux minutes pour les Rouges. Pastis time.
Pénalty mérité pour les Rouges, à la conclusion d’une action d’entraînement. Il est arrêté. Ah mais non, Rooney se rattrape en deux secondes et assure, du front. Un péno de la tête, en soi.
Le 6-1 d’octobre, ils s’en souviennent. Les protégés de Mancini souffrent.

Wellbeck a eu la possibilité d’un but… mais non.

Mi temps. Rooney check l’arbitre, le public siffle.
Mancini fredonne Where is my mind, en rentrant dans les vestiaires
Vieira cite Goldman : Journée particulière en effet.

C’est reparti, dans les hauts parleurs de l’Ethiad Stadium, Gallagher et la bande à Mick l’ont fermé, laissant la place aux supporters des rouges.

Coup franc pour City. Jaune pour Evra. Kolarov prend son temps, vise au dessus du mur, comme en 1989. Dans le soupirail. 1 à 3, mais on n’y croit quand même pas trop.

United reprend les commandes, Rooney en veut un troisième pour sa poire.

Balotelli nous manque.

Scholes enlève son survet’. Les mecs de So Foot doivent bander. On n’a d’yeux que pour lui, même Beckham sourit. Nani un peu moins, puisqu’il doit lui céder sa place.

But : 2 à 3. C’est El Kun qui marque, comme un grand. Ça lui est venu comme ça. Déjà accoutumé aux mœurs locales ce garçon.
A 10 moins Nasri, on frise la faute professionnelle pour les reds.

Richards, en plus d’avoir trois poumons, en a dans le caleçon. Tente de bousculer Scholes qui s’en tape.
Mine de rien, Manchester United se fait flipper.

C’est stressant. Savic pisse le sang. Merci Evra.
City met la pression dans la surface de Lindegraad. Ca fleure bon le foot anglais.

This is the end. Pétard mouillé pour l’équipe de Balotelli.

***

Un peu déçus, quand même (même si le trio Giggs/Rooney/Scholes nous fera toujours autant vibrer), on a commencé à regretter la grande époque, celle de Canto qui fout un coup de kick à un supporter un peu con (et un peu bourré aussi). Celle des bastons après les matchs et des pintes qui se vident dans des pubs à coups de fook entre chaque mot. Cette même période qu’un certain (mauvais) film a essayé tant bien que mal de retranscrire. Je suis reparti chez moi, j’ai branché mes écouteurs et tout en marchant, je me suis dit que je me serai quand même bien fait un kebab. J’ai cliqué sur la playlist « Madchester » et je me suis pris pour un hooligan l’affaire de quelques minutes. 5 buts, 5 chansons. Fuckin’ Football.

 
 

Jacques Leblanc et Faune Kovilal

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