Les temps sont durs, disait Mémé…

par wagonlit

La question de l’emploi est au cœur de nombreux débats. Droite, Gauche, Centre, Extrêmes : tous en parlent. Étudiants, chômeurs, retraités : les difficultés pour trouver un emploi sont les mêmes pour tout le monde. Entre les sites en ligne, les agences d’intérim ou encore les petites annonces, à première vue, trouver du travail semblerait être quelque chose de facile. Mais au contraire, ça relève plutôt du parcours du combattant et la chance d’être embauché est presque égale à celle que tu as devant ton jeu à gratter. Les problèmes se multiplient, les solutions proposées ne sont guère concluantes. Oui, nous vivons dans une époque difficile.

Une mauvaise période ?

 

En ce moment, on ne parle que de crise, crise et encore de crise. Dans la presse fleurissent de plus en plus d’articles sur les problèmes politiques, économiques et même culturels de la France. Dans le domaine économique, la crise du marché du travail fait beaucoup parler d’elle. Le Monde, Le Figaro, L’Express et bien d’autres pointent du doigt les échecs du gouvernement actuel. Bon, en cette période d’élection présidentielle, ce n’est pas bien étonnant, on assiste à une véritable gué-guerre entre les politiciens pour savoir lequel est le plus puissant, le plus intelligent. Oui, l’Homme paraît si avide de pouvoir qu’il en devient parfois ridicule. On peut même se demander s’il n’en oublie pas (un peu) l’intérêt commun et les problèmes qui prennent de plus en plus d’ampleur.

La situation dans laquelle nous nous trouvons n’est pas spécifique à la France. En Europe aussi la situation n’est pas bien différente. Les exemples les plus significatifs sont ceux de l’Angleterre et de l’Espagne. En Angleterre, entre avril et juin 2011, le taux de chômage atteint 7,9 % de la population active, soit un nombre de chômeurs qui a augmenté de 38000 personnes en l’espace de trois mois. Pour l’Espagne, la situation est beaucoup plus critique. Elle confirme et aggrave sa dernière place au classement des pays de l’OCDE en matière d’emploi. Selon le site Le Monde.fr, le taux de chômage de l’Espagne a « atteint son plus haut niveau depuis 15 ans » avec un taux de 21,52% en octobre 2011. Entre réformes qui se multiplient et l’inefficacité de celles-ci, les pays ne semblent pas trop savoir où ils vont. Les répercutions sur le marché du travail sont importantes. Les indicateurs, par exemple l’INSEE, ne sont guère encourageants. Au 3ème trimestre 2011, le taux de chômage en France, relevé par l’INSEE, a encore augmenté, alors qu’au premier trimestre de 2011 on assistait à une légère baisse. De quoi réjouir les français !

Sinon les solutions, c’est pour quand ?

 

Qui dit problèmes économiques, dit volontés de réformes. Le 10 novembre 2010, une loi est publiée, elle concerne les retraites. La prise d’activité de cette loi était prévue au 1er juillet 2011. Tous les régimes de bases sont concernés, exceptés la RATP, SNCF, EDF, GDF. Pour ceux-ci, le relèvement de l’âge d’ouverture des droits à la retraite ne débutera qu’à partir de 2017. Cette loi met en place le recul progressif de l’âge d’ouverture des droits de retraite et de l’âge du taux plein, à raison de quatre mois supplémentaires par classe d’âge. Reculer l’âge des départs en retraites est censé participer à la relance de l’économie française mais qu’en est-il des emplois ? Le renouvellement des postes se fait donc plus rare, le nombre d’emplois diminue forcément si les postes ne se libèrent pas…

Sujet sensible : le rôle de l’immigration dans tout ça. Deux visions s’opposent : d’un coté, l’immigration est perçue comme un acteur du renforcement des problèmes économiques et d’un autre coté, elle est considérée comme un élément favorable à la relance économique. En mai 2010, Claude Guéant, Ministre de l’intérieur, de l’Outre mer, des Collectivités territoriales et de l’Immigration, avait pour désir de limiter le nombre d’étrangers accueillis légalement en France. Son projet : proposer une liste de métiers plus restreinte aux immigrés pour entraîner une diminution de la main d’œuvre et donc, du chômage. La bombe est lancée, Raymond Chauveau, coordinateur CGT du mouvement des travailleurs sans papiers, s’exprime contre ce projet en affirmant que ce n’est pas « en s’attaquant à l’immigration par le travail (…) que la tendance va s’inverser ». Au final, on peut dire que c’est un remue-ménage pour rien. En France, les problèmes liés au chômage ne cessent d’augmenter. Aucune solution proposée ne semble efficace (ou alors on n’a pas la même définition du mot « efficace »). La nouvelle liste de métiers fera l’objet d’une révision le 1er août 2013.

Actuellement, de nombreux problèmes se trouvent irrésolus. De plus en plus de personnes se posent des questions sur l’avenir pour les générations futures. Entre la crise, les tentatives (peu concluantes) de réformes et le sujet de l’immigration qui fait débat, on se retrouve encore une fois dans une impasse.

Allez, on se laisse aller à la critique…

Tout d’abord, les agences d’intérim : à quoi servent-elles ? Rien que l’inscription dans celles-ci devient tout un art et parfois, tu peux avoir l’impression de faire le travail de la personne assise en face de toi. Aller chez Adecco (Actual, ManPower, etc…), c’est un peu comme quand tu passes aux caisses automatiques à Carrefour. Tu donnes ta carte bancaire à la machine, elle te la redonne et tu pars. En agence, c’est quasiment pareil : tu donnes ton CV (quand ils le prennent) et tu repars directement après. Les propositions d’emploi dans tout ça ? Pour ça, il faut être patient. Tout d’abord, tu dois t’inscrire sur leur site en ligne et charger ton CV dans ton profil. Oui, le CV que tu leur as donné, c’est pour le plaisir d’avoir bousillé de l’encre et une feuille.

Après, ce qui est super sympa aussi, c’est de devoir chercher soi-même les offres d’emplois qui pourraient te convenir. En fait, la personne de l’agence qui te tient le crachoir pendant un moment plus ou moins long, pour savoir ce que tu recherches comme emploi, est là juste pour la forme, non ? Un peu, quand même. Et puis, il y a une phrase qui te fait comprendre que la tâche ne va pas être aisée :

« Alors, allez tous les jours sur le site web pour voir les annonces que l’on a déposées et répondez à celles qui vous conviennent. »

Oui, bien sur, c’est vrai que je n’ai pas d’emploi, j’ai le temps, je m’inscris dans une boite d’intérim pour avoir de l’aide et je me retrouve seule face à mon écran d’ordinateur. Normal.

Il y a aussi le cas Pôle Emploi. Tu t’inscris d’abord en ligne, tu reçois ta convocation, tu prépares tous tes papiers, tu te rends à l’agence et tu ressors de là avec tes papiers et la queue entre les jambes. Oui, l’entretien n’a servi qu’à regarder avec toi l’inscription que tu avais faite en ligne une semaine auparavant. C’est vrai, des fois que tu n’aurais pas su lire les rubriques super compliquées : Téléchargez votre CV ou Téléchargez votre lettre de motivation… Et encore une fois, tu entends la superbe phrase :

« Consultez régulièrement les annonces, les mises à jour sont journalières. »

Ces deux exemples reflètent bien l’inefficacité, la lenteur et parfois l’inutilité des services d’embauche en France. Existe-t-il des agences d’intérim efficaces, qui apportent une véritable aide dans la recherche d’un emploi ? Sans doute, mais il faut trouver la perle rare et ce n’est pas simple.

Vendre son corps : une solution comme une autre ?

 

On remarque cependant actuellement qu’une vague de prise de conscience déferle dans les médias. Les conséquences extrêmes qu’entraîne ce marché en crise sont au cœur de nombreux débats. Le développement de la prostitution chez les étudiants, par exemple, devient un sujet central. La télé, la presse, tout le monde en parle. Le Gouvernement, incapable de résoudre les problèmes liés au travail, se retrouve en face d’un phénomène grandissant.

La France n’est pas la seule à voir la prostitution gagner du terrain, en Angleterre l’augmentation des frais d’inscription (une multiplication par 3 des frais de scolarité depuis 2006), ajoutée à la crise économique déjà très présente, pousse les étudiant(e)s à monnayer leurs corps pour de l’argent. L’Allemagne s’est elle aussi lancée dans une enquête ; le Centre d’études de Berlin révèle que 4% (des 3200 étudiants berlinois interrogés) avouent avoir déjà eu des relations sexuelles contre de l’argent afin de financer leurs études et 23% d’entre eux ne sont pas contre cette idée. En France, selon l’Observatoire de la Vie Etudiante (OVE), plus de 40 000 étudiants français se prostitueraient pour payer les frais liés à leurs études. Si les offres d’emplois se font rares, les horaires de cours sont aussi un frein pour trouver un emploi légal. Devant ces difficultés imposées aux jeunes, les services d’escort-girl/boy sont de plus en plus envisagés par ceux-ci. Car ce « travail », certes critiquable, est une source de revenus importante.

S’insérer dans le marché du travail devient de plus en plus compliqué. Comment réussir à se faire une place dans un marché où tout est complètement bloqué ? Les projets de réformes et la mise en place d’aides ne suffisent pas pour sortir de cette situation problématique. Les chiffres ne sont guère encourageants et les nouvelles qui affluent dans nos magazines tous les jours ont de quoi nous faire désespérer. Le thème du développement de la prostitution chez les jeunes en Europe est l’un des nombreux exemples qui revient de plus en plus dans les médias et qui montre la situation assez critique dans laquelle nous nous trouvons. Les gouvernements des différents pays européens semblent commencer à se rendre compte de ce problème qui tend à devenir vraiment inquiétant.

"Jeunes, jolies, et officiellement sans travail"

Toutefois, il convient de relativiser. Si cet article vous a mis le moral à zéro, allez ICI. Aucune restriction, aucune règle ne pourra perturber ce moment de bonheur extrême. Mon article vous aura même permis de découvrir le plaisir intense éprouvé par les choses simples de la vie. Finement joué, non ?

Robin Woods

©Photo 1: http://www.fotocommunity.fr/pc/pc/display/22580184
Publicités