Les filles, l’amour et les tests : pour le plus grand malheur des mecs…

par wagonlit

 

Chaque mois, de nouveaux magazines féminins sortent en kiosques. Et qui dit nouvelles parutions, dit aussi nouveaux tests, pour votre plus grand malheur, messieurs.  S’il y a une chose que j’ai remarquée, c’est bien le désespoir des mecs devant leur nana lisant Cosmo, Glamour ou autres magazines du même genre. C’est dans ces moments-là que vous partez en courant, et franchement… vous avez bien raison. A mon avis, il n’y a pas pire, pour un mec, que de se retrouver seul avec sa petite amie pendant que celle-ci répond aux questions d’un test visant à calculer votre compatibilité amoureuse, sexuelle ou autre. Pourquoi les filles se précipitent-elles sur ces tests ? C’est une bonne question.

On distingue tout de suite deux types de nanas : tout d’abord, il y a celles qui y croient durs comme fer et qui basent leurs vies sur les résultats obtenus. Pour ces spécimens, les tests remplacent une séance chez le psy. D’où les graves conséquences mentales s’ensuivant. Puis, il y a celles qui font ces tests sans les prendre véritablement au sérieux, même s’il semble que ça leur apporte quand même un certain réconfort, un sentiment agréable. Oui, les filles ne sont pas simples. Vous en doutiez ?

 

TEST : « Êtes-vous prête pour l’histoire d’amour ? » 

 

La couverture donne le ton. Couleurs flashy, abus de gras pour la police et une place choisie avec soin pour ne pas louper le thème du mois. Comment passer à côté ? On ne peut pas. Il suffit d’être dans une humeur mélancolique, post-rupture, pré-rupture, ou juste prise d’une envie soudaine pour se laisser tenter par un de ces magazines. Pour craquer. Parfois, soulevées par un sentiment de honte, nous nous sommes toutes dirigées, au moins une fois, vers le rayon magazines d’actualités ou d’économie, avec l’intention ferme de faire un achat utile (pour une fois). Mais non, rien à faire… Nous revenons toujours au point de départ.

Une fois le magazine acheté, on le feuillette vite fait : histoire de voir s’il y a des choses à regarder en priorité. Le repérage fait (oui, cette habitude n’est pas valable qu’en période de soldes), nous allons directement à la page : TEST. Quand il n’y a qu’une page, c’est simple. Mais quand on se retrouve devant un « spécial tests », tout se complique : « Olala, par lequel vais-je commencer ? Celui sur notre compatibilité amoureuse ou celui sur la fidélité de mon cher et tendre ? ». C’est vrai que c’est une question SUPER IMPORTANTE…

Les tests choisis, c’est une première victoire ! On a souvent tendance à se diriger vers les tests aux résultats rassurants. Quand une fille s’apprête à faire un test, elle regarde les résultats proposés pour savoir si elle va pouvoir se dire : Ouaiiiiis, j’ai une chance sur trois d’être « archi prête pour une histoire d’amour » ! J’ai remarqué que lorsque je commence à lire les premières questions d’un test, je me pose souvent la même question : « Pourquoi les auteurs de ces (foutus) tests prennent-il toujours appui sur des situations que la majorité d’entre nous n’a pas vécu  ou qui sont complètement obsolètes ? ».

Par exemple, tu tombes à la « question » n°4 sur :

Premier repas en amoureux. Vous commandez une tarte tatin. Il vous dit : « Est-ce bien nécessaire ? ». Quelle est votre réaction ?

Non mais franchement quel est le pourcentage de lectrices qui se sont déjà retrouvées dans cette situation ? Et si c’est la première fois, je fais comment ? J’utilise le coup de fil à un ami ?

Quant aux réponses proposées, elles sont tout aussi désuètes. Pour répondre à la question sur la tarte tatin, vous vous retrouvez avec quatre choix de réponses possibles. Oui, quatre. Parce que la vie est toujours simpliste dans les magazines :

  1. Vous vous dites : « Oh mon dieu, c’est fini. Il ne voudra plus me revoir ! » Traduction : « Si c’est ta réponse, tu n’es vraiment pas fine comme nana !
  2.  Vous vous dîtes  que votre ex ne vous aurait jamais dit ça… Allez hop, un petit retour en arrière sur une ancienne relation, histoire de bien vous rappeler votre passé pitoyable !
  3. Quel humour ! Même si vous ne savez pas trop si c’est du lard ou du cochon ! Vous avez remarqué que souvent dans les réponses proposées, il y en a toujours une qui contient une expression merdique ?
  4. C’est un ange ce mec, il veut déjà m’aider à prendre soin de mon corps! Quelle nana peut se faire cette réflexion ? Il vient bien de te dire que si tu commences à te laisser aller, tu vas vite voir ce qui va se passer… Crédulité quand tu nous tiens !

Comment faire un choix avec de telles réponses ? A se demander ce qui nous passe par la tête. Mais passons, finissons-en avec ces interrogations existentielles. Plus vite on les passe, plus vite on en vient aux… RESULTATS !

Pour les interpréter, il faut compter le nombre de losanges bleus, de ronds rouges, de carrés jaunes et de triangles verts (c’est vrai que c’est carrément plus fun que l’alphabet). Bien souvent, on commence à les compter, on en oublie un, on recompte, on ne trouve pas le même nombre, on re-recompte et ainsi de suite. A y regarder de plus près, c’est débile. Bref, les totaux sont faits, on peut lire les résultats :

 « Youpi, je suis AR-CHI PRÊTE pour me lancer dans une histoire d’amour ! »

Allez, hop j’enfile un jean, un tee-shirt et je pars à la recherche du grand amour… Ah non, il est 22h, il y a Grey’s Anatomy à la télé, ça attendra demain !

 

Plus sérieusement, ne vous êtes-vous jamais sentie soulagées, Mesdemoiselles, à la vue d’un de vos bons résultats ? Ou dépitées lorsque vous tombez sur « Non, vous n’êtes pas encore prêtes pour le grand amour mais ne désespérez pas ! » (C’est là où on t’envoie explicitement dans la figure : « Pour l’instant, préférez la relation que vous avez avec votre canard vibrant, c’est la seule relation longue durée que vous pouvez assumer…  Mais pensez à changer les piles, vous le fatiguez et il n’est pas éternel ! »). Ne mentez pas, je vous ai vues rougir.

Les malchanceuses, rassurez-vous. Une fois que vous avez lu votre résultat, la rubrique « Conseils » n’est jamais loin. Oui, en plus ces magazines se permettent aussi de donner des astuces (textiles, accessoires, psycho, sexo) afin de vous aider à mieux gérer votre vie. Des fois que vous ne sauriez pas la prendre en main !

                  Ces tests sont marrants, je ne peux pas le nier. Celle qui ose affirmer n’avoir jamais fait un de ces tests à la con est une jolie menteuse. Pour ma part, je ne pense pas que faire ces tests soit un problème en soi, ça passe le temps et ça met de l’ambiance quand on est entre copines. Où se situe le vrai problème alors ? Sans doute au niveau de l’importance qu’on donne à ces résultats.

 

Pas méchantes, mais assez naïves et rêveuses.

 

 On nous traite parfois de « naïves » et franchement, il faut dire qu’on le cherche un peu aussi. La source de cette innocence est difficile à trouver. Peut-être est-ce à cause des contes de fées, des histoires de princesses ou encore de nos rêves idéalistes de petites filles, que nous voyons le monde comme celui de Barbie, princesse des étoiles. On a (quasiment) toutes la même réaction devant une comédie romantique hollywoodienne, ça doit jouer aussi. On rêve, on imagine, on espère vivre la même chose que cette magnifique et détestable jeune femme (parce que oui, nous les filles, on déteste les actrices bien roulées et intelligentes car elles nous envoient en pleine face tous nos vilains défauts). En voyant Jude Law dans The Holiday, nous nous sommes presque toutes dites : « Oh mon dieu, qu’est-ce que je ferais pour être à la place de Cameron Diaz à cet instant précis ! ». Cet « instant précis » correspond souvent au moment où le beau jeune homme roule une galoche férocement romantique à sa bien-aimée.

Pour les tests Glamour, Cosmo & Co. : c’est la même chose ! Dès que l’on voit écrit noir sur blanc : « L’amour est à portée de main !, » « Toutes les cartes sont de votre côté pour que ça fonctionne. », « Ne désespérez pas ! », « Vous allez vite rencontrer l’amour, il est peut-être déjà sur le seuil de votre porte ! », au fond de nous, même si nous savons que ce n’est qu’un test débile, on ne peut s’empêcher d’espérer qu’il n’y ait même juste qu’une petite part de vérité dans ces propos. En quel cas, tout va bien. L’espoir promulgué par le résultat a peut-être même remonté le moral de cette jeune fille désespérée et au bord du gouffre sentimental.

Mais quand les résultats ressemblent plus à : « Allez à Carrefour et achetez-y une corde afin de vous pendre pour abréger votre souffrance et libérer enfin le monde d’un cas désespéré », que se passe-t-il ? C’est là que l’on peut voir notre capacité hors du commun à être d’une naïveté affolante. Mouchoirs, larmes, appels téléphoniques à 4h du mat’ à la meilleure amie, tablette de chocolat (et les 5kg supplémentaires gagnés dans les fesses) et remise en question jusqu’à se demander ce qu’on fait encore sur Terre. Ok, là j’exagère un peu (sauf pour les kilos dans les fesses) mais je ne suis pas si loin de la réalité.

 Nous ne sommes pas méchantes, juste un peu crédules et rêveuses. A force de se gaver de films à l’eau de rose, de tests, de romans de gare, il semblerait que nous nous enfermions nous même dans une espèce de bulle déconnectée de la réalité. Cette vision des filles peut paraître exagérée, voire complètement délirante, misogyne, mais elle ne l’est pas tant que ça. C’est en discutant avec mes amies que je me suis rendue compte de tout cela. Nous en demandons parfois trop. Ne pouvant avoir ce que nous aimerions, nous nous plongeons dans un monde façonné à notre image et à notre goût, et les tests participent à nous y ancrer encore plus profondément. Je comprends mieux pourquoi les mecs nous prennent pour de drôles de spécimens, nous sommes bizarres, émotives et obnubilées par des choses sans importance.

Mais bon, c’est aussi pour ça qu’on nous aime, non ?


Robin Woods

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